.......................................................................................................................................................................................... Photo S.C.
Tartares, Ouzbeks, Nénètses / tout le peuple ukrainien, / et même les Allemands de la Volga / attendent les traducteurs.
Et peut-être, en ce moment, / un Japonais / me traduit en turc / et atteint mon âme.

Ossip Mandelstam


jeudi 2 juin 2016

Eduardo Chirinos (Pérou, 1960-2016)





Sermon sur la mort, 5

La speranza si torce,
e ti attende, ti chiama.
Sei la vita e la morte.
Il tuo passo è leggero.

Cesare Pavese, « You, Wind of March »



Le vent de mars se pose sur nos yeux et les ferme.
Léger est le pas vers la mort,
silence inutile qui pèse encore sur nos visages,
triste mémoire qui brûle encore sur nos peaux.
Combien de choses nous guettent quand la mort rôde.

Des morceaux de sel effacent le verbe de ses lèvres et sa langue
nous parle de régions encore inconnues.
(Eau est ce qu’elle dit,
eau et boue inondent pour toujours les sens).

Il reste peu une fois la douleur perdue,
juste les pâles murmures de l’oiseau qui secoue ses plumes,
la vague sueur qui mouille l’envers des miroirs.

Vent de mars, tu es venu apportant avec toi l’espoir.
Vent de mars, nous ne t’écouterons plus.




Sermón sobre la muerte, 5

La speranza si torce,
e ti attende, ti chiama.
Sei la vita e la morte.
Il tuo passo è leggero.

Cesare Pavese, « You, Wind of March »


El viento de marzo se posa en nuestros ojos y los cierra.
Ligero es el paso hacia la muerte,
silencio inútil que pesa aún en nuestros rostros,
tristísima memoria que arde aún en nuestra piel.
Cuántas cosas nos acechan cuando nos ronda la muerte.
Trozos de sal borran el verbo de sus labios y su lengua
nos habla de parajes que aún desconocemos.
(Agua es lo que dice,
agua y barro inundan para siempre los sentidos).

Perdido el dolor es poco lo que queda,
sólo el pálido gorjeo del ave sacudiendo sus plumas,
el vago sudor que empapa el revés de los espejos.

Viento de marzo, viniste trayendo contigo la esperanza.
Viento de marzo, no te escucharemos más.