.......................................................................................................................................................................................... Photo S.C.
Tartares, Ouzbeks, Nénètses / tout le peuple ukrainien, / et même les Allemands de la Volga / attendent les traducteurs.
Et peut-être, en ce moment, / un Japonais / me traduit en turc / et atteint mon âme.

Ossip Mandelstam


mardi 21 août 2012

Forough Farrokhzad (1935-1967, Iran)




UNE AUTRE NAISSANCE

Toute mon existence est un verset obscur
Qui se répète et te ramène
À l’aube des éclosions et des croissances perpétuelles
Dans ce verset
Je t’ai soupiré, j’ai soupiré
Dans ce verset
Je t’ai greffé à l’arbre, à l’eau, au feu

La vie, c’est peut-être
Une longue rue où passe chaque jour une femme avec un panier
La vie, c’est peut-être
Une corde avec laquelle un homme se pend à une branche
La vie, c’est peut-être un enfant qui revient de l’école
La vie, c’est peut-être allumer une cigarette
Dans la langueur qui s’étire entre deux étreintes
Ou c’est l’œil distrait d’un passant
Qui à un autre dit en levant son chapeau avec un sourire banale bonjour

La vie, c’est peut-être
Le moment sans issue où mon regard se dissout dans tes pupilles
Et à cette sensation je mêle la perception de la lune et des ténèbres

Dans une chambre à la mesure d’une solitude
Mon cœur, à la mesure d’un amour
Se tourne vers les raisons naïves de son bonheur
Vers le jeune arbre que tu as planté dans notre jardin
Vers les canaris qui chantent à la mesure d’une fenêtre

Ah…
C’est mon sort
C’est mon sort
Mon sort, c’est un ciel qu’un rideau m’empêche de voir
Mon sort, c’est descendre un escalier désert
Et rejoindre quelque chose dans le pourrissement et l’abandon
Mon sort, c’est marcher nostalgique sur les terres du souvenir
Et défaillir dans la tristesse d’une voix me disant :
J’aime tes mains
Je plante mes mains dans le jardin
Et je sais, je sais, je sais, je vais verdir
Et dans mes paumes violacées d’encre
Les hirondelles vont venir pondre

J’accroche deux boucles de cerises rouges à mes oreilles
Je colle des pétales de dahlia sur mes ongles
Il existe une rue
Où des garçons les cheveux en bataille
Le cou mince et les jambes maigres
Étaient amoureux de moi
Et pensent encore aux sourires innocents d’une fille
Qu’une nuit le vent à emporté

Il existe une rue que mon cœur a volé
Aux quartier de mon enfance

Forme en voyage sur la ligne du temps
Avec une forme féconder la ligne sèche du temps
La forme d’une image en conscience
Qui revient de la fête du miroir

Et c’est comme ça
Que quelqu’un meurt
Et quelqu’un reste
Aucun pêcheur ne trouvera de perle dans un pauvre ruisseau
Coulant au creux d’un fossé

Moi
Je connais une petite fée triste
Qui habite un océan
Et qui souffle son cœur dans une flûte en roseau
Si doucement, doucement
Une petite fée triste
Qui la nuit meurt d’un baiser
Et d’un baiser au matin renaîtra



De Seule la voix demeure/Sólo la voz permanece/ تنها صداست که می ماند
Editions L’Oreille du Loup et Universidad Autónoma de Sinaloa, 2011
Version française de Stéphane Chaumet, en collaboration avec Jaleh Chegeni





تولدي ديگر
 


همهء هستي من آيهء تاريکيست


که ترا در خود تکرار کنان

به سحرگاهان شکفتن ها و رستن هاي ابدي آه کشيدم ، آه

من در اين آيه ترا

به درخت و آب و آتش پيوند زدم



زندگي شايد

يک خيابان درازست که هر روز زني با زنبيلي از آن ميگذرد

زندگي شايد

ريسمانيست که مردي با آن خود را از شاخه مياويزد

زندگي شايد طفليست که از مدرسه بر ميگردد



 زندگي شايد افروختن سيگاري باشد ، در فاصلهء رخوتناک دو

همآغوشي

يا عبور گيج رهگذري باشد

که کلاه از سر بر ميدارد

و به يک رهگذر ديگر با لبخندي بي معني ميگويد " صبح بخير "



زندگي شايد آن لحظه مسدوديست

که نگاه من ، در ني ني چشمان تو خود را ويران ميسازد

ودر اين حسي است

که من آن را با ادراک ماه و با دريافت ظلمت خواهم آميخت



در اتاقي که به اندازهء يک تنهاييست

دل من

که به اندازهء يک عشقست

به بهانه هاي سادهء خوشبختي خود مينگرد

به زوال زيباي گل ها در گلدان

به نهالي که تو در باغچهء خانه مان کاشته اي

و به آواز قناري ها

که به اندازهء يک پنجره ميخوانند



آه...

سهم من اينست

سهم من اينست

 سهم من ،

آسمانيست که آويختن پرده اي آنرا از من ميگيرد

سهم من پايين رفتن از يک پله مترو کست

و به چيزي در پوسيدگي و غربت و اصل گشتن

سهم من گردش حزن آلودي در باغ خاطره هاست

و در اندوه صدايي ان دادن که به من بگويد :

" دستهايت را

 دوست ميدارم "



دستهايم را در باغچه ميکارم

سبز خواهم شد ،  ميدانم ، ميدانم ، ميدانم

و پرستوها در گودي انگشتان جوهريم

تخم خواهند گذاشت



گوشواري به دو گوشم ميآويزم

از دو گيلاس سرخ همزاد

و به ناخن هايم برگ گل کوکب ميچسبانم

کوچه اي هست که در آنجا

پسراني که به من عاشق بودند ، هنوز

با همان موهاي درهم و گردن هاي باريک و پاهاي لاغر

به تبسم هاي معصوم دخترکي ميانديشند که يک شب او را

باد با خود برد



کوچه اي هست که قلب من آن را

از محل کودکيم دزديده ست



سفر حجمي در خط زمان

و به حجمي خط خشک زمان را آبستن کردن

حجمي از تصويري  آگاه

که ز مهماني يک آينه بر ميگردد



و بدينسانست

که کسي ميميرد

و کسي ميماند



هيچ صيادي در جوي حقيري که به گودالي ميريزد ، مرواريدي

صيد نخواهد کرد .



من

پري کوچک غمگيني را

ميشناسم که در اقيانوسي مسکن دارد

و دلش را در يک ني لبک چوبين

مينوازد آرام ، آرام

پري کوچک غمگيني

که شب از يک بوسه ميميرد

و سحرگاه از يک بوسه به دنيا خواهد آمد


De Seule la voix demeure/Sólo la voz permanece/ تنها صداست که می ماند
Editions L’Oreille du Loup et Universidad Autónoma de Sinaloa, 2011
Version française de Stéphane Chaumet, en collaboration avec Jaleh Chegeni