.......................................................................................................................................................................................... Photo S.C.
Tartares, Ouzbeks, Nénètses / tout le peuple ukrainien, / et même les Allemands de la Volga / attendent les traducteurs.
Et peut-être, en ce moment, / un Japonais / me traduit en turc / et atteint mon âme.

Ossip Mandelstam


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lundi 27 mai 2019

Krisma Mancía (1980 – Salvador)




Mille fois je suis morte
et il n’y a plus d’espace pour mon cimetière.
Si tu m’aimes
enterre-moi au milieu de ton cœur
laisse le saule prononcer mes noms
comme la prolongation infinie de l’air.
Si tu m’aimes
ne cherche jamais mon squelette
les gens comme moi
se cachent dans d’autres personnes
dans d’autres épitaphes
dans d’autres vies
dans d’autres villes
on revient toujours au même lieu
à l’état gazeux ou à l’état végétal.
Si tu m’aimes
oublie mon visage
et souviens-toi de la transparence de ma voix.


●


Mil veces he muerto
y ya no hay espacio para mi cementerio.
Si me amas
entiérrame en el centro de tu corazón
deja que el sauce pronuncie mis nombres
como la prolongación infinita del aire.
Si me amas
nunca busques mi esqueleto
gente como yo
se esconde en otras gentes
en otros epitafios
en otras vidas
en otras ciudades
siempre volvemos al mismo sitio
en estado vegetal o en estado gaseoso.
Si me amas
olvida mi rostro
y recuerda la transparencia de mi voz.

vendredi 24 mai 2019

Susana Reyes (1971 - Salvador)




Elle croit savoir tromper ses mains
Ses cicatrices sont une gifle sur le tranchant de mes feuilles

Elle est un fantôme dans les matins
une rivière qui déborde dans les rêves
et que j’interprète

Elle est une voix que je connais et que je refuse d’écouter
La vérité qui se révèle dans les rêves fait mal

Je caresse tendrement la douleur qu’elle me cause
et j’apprends à être plus forte pour rien

Je me suis réinventée sans peur et avec le poids de l’adieu à chaque pas

J'ai appris à ne pas mourir parce que mentir est l’essence des jours


●


Cree que sabe engañar sus manos
Sus cicatrices son una bofetada en el filo de mis hojas

Ella es un fantasma en las mañanas
un río que se desborda en los sueños
y que interpreto

Ella es una voz que conozco y que me niego a escuchar
Duele la verdad revelada en los sueños

Acaricio tiernamente el dolor que me provoca
y aprendo a ser más fuerte para la nada

Me reinventé sin miedo y con el peso del adiós a cada paso

Aprendí a no morir porque mentir es la esencia de los días